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La BCE maintient ses taux, mais les entreprises de la zone euro voient leurs marges reculer

Euro International Press|La Banque centrale européenne a maintenu ses trois taux directeurs inchangés le 23 juillet. Cette pause ne signifie pourtant pas que les entreprises de la zone euro sont sorties de la période de tension. Le taux de la facilité de dépôt reste fixé à 2,25 %, celui des opérations principales de refinancement à 2,40 % et celui de la facilité de prêt marginal à 2,65 %. Après la hausse décidée en juin, la BCE préfère observer la transmission du choc énergétique aux biens, aux salaires et aux services avant de s’engager sur une nouvelle trajectoire.

Le signal le plus intéressant se trouve toutefois dans les comptes des entreprises.

L’enquête de la BCE sur l’accès au financement montre qu’au deuxième trimestre, les entreprises ont constaté une amélioration de leur chiffre d’affaires, tout en continuant à signaler une détérioration de leurs bénéfices. Elles font également état d’un nouveau durcissement des taux bancaires et des autres conditions de crédit.

Certaines entreprises vendent donc davantage sans gagner davantage.

Pourquoi le chiffre d’affaires augmente alors que les bénéfices baissent

Le chiffre d’affaires ne mesure pas la rentabilité.

Lorsque l’énergie, le transport, les assurances, les salaires, le financement et les produits importés augmentent en même temps, les nouvelles recettes servent parfois uniquement à couvrir de nouvelles charges. Une entreprise qui ne peut pas répercuter la totalité de ses coûts sur ses clients voit alors sa marge diminuer.

Le commerce, la restauration et les services aux consommateurs sont particulièrement exposés. Les ménages comparent davantage les prix. Une hausse trop rapide peut faire disparaître une partie de la clientèle, mais le maintien des tarifs oblige l’entreprise à absorber le surcoût.

Dans l’industrie et la logistique, l’énergie et le transport entrent directement dans le prix de production. Les stocks, les équipements et le commerce international nécessitent aussi du financement. Lorsque le crédit devient plus difficile, une entreprise peut conserver ses commandes tout en reportant ses investissements et ses recrutements.

Le maintien des taux de la BCE ne doit donc pas être confondu avec un assouplissement immédiat. Les banques ne sont pas obligées de relâcher leurs critères de crédit et les coûts accumulés au cours des derniers mois ne disparaissent pas.

Le crédit des ménages va-t-il devenir moins cher ?

Pour les ménages, l’effet immédiat devrait rester limité.

Les prêts immobiliers, les crédits à la consommation et les emprunts à taux variable dépendent aussi du coût de financement de chaque banque, du revenu de l’emprunteur, de son apport et de son profil de risque.

Les conditions peuvent donc continuer à varier fortement d’un établissement à l’autre malgré la stabilité des taux directeurs.

Les produits d’épargne ne seront pas non plus automatiquement revalorisés. Certaines banques conserveront leurs offres, tandis que d’autres les ajusteront en fonction de leurs besoins de liquidité.

La décision de juillet ressemble ainsi davantage à une période d’observation qu’au début d’une baisse généralisée du coût du crédit.

L’énergie reste le principal risque

La BCE souligne que les prix de l’énergie restent très volatils et nettement supérieurs aux niveaux observés avant le conflit au Moyen-Orient.

La question ne porte pas uniquement sur le pétrole ou le gaz. Elle concerne la transmission de ces coûts au transport, à l’alimentation, aux produits industriels et aux services.

Si les entreprises continuent à absorber les hausses, l’inflation peut rester plus modérée à court terme, mais les bénéfices, l’investissement et l’emploi risquent de ralentir.

Si elles commencent à augmenter leurs prix plus largement, la pression inflationniste pourrait repartir et pousser la BCE à resserrer de nouveau sa politique.

Dans les prochains mois, il faudra donc surveiller autre chose que la prochaine réunion monétaire : l’évolution des marges des entreprises, les conditions imposées par les banques et la part du choc énergétique qui arrivera finalement jusqu’aux consommateurs.

La BCE n’a pas changé ses taux. Les entreprises, elles, commencent déjà à payer l’incertitude par leurs décisions d’investissement, de recrutement et de prix.

来源: Euro International Press

图片: Image: EIPRESS editorial visual.

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