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Résultats Safran au T3 2026 : le chiffre d’affaires progresse de 14,7 %, mais l’action recule en début de séance

La maintenance et les pièces de rechange soutiennent les ventes, tandis que les investisseurs s’interrogent sur la poursuite de cette croissance. Le prix élevé du carburant ajoute une incertitude sur les capacités des compagnies aériennes.

Safran affiche une croissance trimestrielle de près de 15 %, sans convaincre la Bourse de Paris. Le motoriste français a annoncé le 23 octobre un chiffre d’affaires ajusté de 9,003 milliards d’euros au troisième trimestre, en hausse de 14,7 % sur un an, tout en maintenant ses objectifs annuels. L’action a pourtant perdu environ 6 % en début de séance, selon Reuters : les investisseurs redoutent que le ralentissement de la croissance des activités de l’après-vente aéronautique ne se prolonge en 2027.

Le désaccord porte moins sur l’existence de la croissance que sur le rythme auquel elle peut se poursuivre. À périmètre et taux de change constants, le chiffre d’affaires trimestriel progresse de 13,4 %. Des ventes proches de 9 milliards d’euros correspondent globalement à la moyenne des prévisions d’analystes réunies par le groupe et citées par Reuters. Elles ne suffisent donc pas à lever les interrogations sur la suite.

Après la livraison, la maintenance continue

La relation commerciale autour d’un moteur ne s’arrête pas à sa livraison. Une fois en service, celui-ci doit être inspecté, recevoir des pièces neuves et passer en atelier. Le constructeur conserve ainsi des liens durables avec les compagnies aériennes. Les livraisons nouvelles alimentent une partie de l’activité ; les flottes déjà en exploitation continuent, elles, de générer des besoins d’après-vente.

Les chiffres trimestriels de Safran illustrent cette structure. Dans la propulsion, l’après-vente progresse de 18,7 % en données organiques, contre 3,5 % pour les équipements d’origine. Les ventes de pièces de rechange pour moteurs civils augmentent de 17 % en dollars, et les services de 19 %. Le groupe explique la performance des pièces par les prix et une meilleure disponibilité, ainsi que par les opérations de maintenance sur les moteurs LEAP.

Les contrats de services relient aussi les motoristes à l’exploitation quotidienne des compagnies. CFM International, coentreprise détenue à parts égales par Safran et GE Aerospace, propose des dispositifs de soutien à long terme facturés à l’heure de vol moteur. Les compagnies peuvent ainsi organiser contractuellement leurs coûts de maintenance et les risques associés.

Pour comprendre ces entreprises, compter les moteurs sortis d’usine ne suffit donc pas. La poursuite des vols, l’évolution des heures d’utilisation et le calendrier de la maintenance influencent également leurs performances. Les contrats de longue durée donnent aux clients davantage de visibilité sur leurs coûts, sans garantir que les revenus et les résultats progresseront au même rythme chaque trimestre.

Le marché regarde la prochaine étape

Une activité d’après-vente toujours en croissance et des investisseurs inquiets de son ralentissement peuvent parfaitement coexister. La première observation décrit des ventes réalisées ; la seconde traduit une anticipation.

Reuters relève notamment l’inquiétude liée au prix élevé du carburant : si les compagnies réduisent leurs capacités, la croissance de l’utilisation des moteurs et des besoins de services pourrait en être affectée. Il s’agit d’un scénario redouté par le marché, et non de l’annonce par Safran d’une baisse de la demande d’après-vente. La direction conserve un discours relativement positif sur la maintenance.

Cet écart explique qu’une publication faisant état de ventes en hausse puisse s’accompagner d’un recul boursier. Le cours ne réagit pas seulement aux revenus du trimestre ; il reflète aussi le prix que les investisseurs étaient auparavant prêts à payer pour la croissance future.

Les objectifs annuels tiennent, la trésorerie reste à confirmer

Safran maintient pour 2026 un objectif de résultat opérationnel courant compris entre 6,4 et 6,5 milliards d’euros, ainsi qu’un flux de trésorerie disponible de 4,7 à 4,9 milliards. Les capacités de la chaîne d’approvisionnement et les effets potentiels du conflit au Moyen-Orient restent parmi les points de vigilance du groupe.

Chiffre d’affaires, bénéfice et trésorerie ne mesurent pas la même chose. Après la comptabilisation des ventes, il reste à financer la production, la maintenance et les investissements. Le calendrier des règlements des clients influe lui aussi sur les liquidités. La croissance des ventes du troisième trimestre ne démontre donc pas, à elle seule, que les objectifs annuels de résultat et de trésorerie sont déjà atteints.

Safran prévoit de publier ses résultats annuels le 9 février 2027. Les revenus issus de la maintenance, les dépenses nécessaires à la montée en cadence de la production et la trésorerie finalement dégagée pourront alors être rapprochés dans les mêmes comptes.

Sources : communiqué de Safran sur le chiffre d’affaires du troisième trimestre 2026 ; dépêche Reuters du 23 octobre ; documentation de CFM International sur la maintenance.

Source: Safran ; Reuters ; CFM International

Photo / Image: Image: EIPRESS editorial visual.

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